Jeu par forum / Médiéval Fantastique
Sous les premiers rayons du soleil, à l’aube d’une nouvelle vie, deux petits yeux s’entrouvrirent. Sa première vision fut l’habituelle vue du monotone plafond en latte de bois. Un long soupir, accompagné du bruit créé par le froissement des draps, brisa le silence pendant que son regard se détournait de l’image sans vie. Difficilement, Elianna étira ses minuscules bras d’enfant. Assise au bord du lit, regardant par la fenêtre, elle réfléchit avec ennui à la journée qui l’attendait.. Puis soudainement, un déclic! Une explosion de joie envahit son être… C’était aujourd’hui! C’était aujourd’hui son dixième anniversaire; celui où elle pourrait enfin posséder cette surprise que son père lui avait tant promis.
Quatre à quatre, elle descendit les marches la menant directement dans le bureau. Là, se trouvait un vieil homme à la longue barbe blanche, d’allure paisible et d’une nature joyeuse, qui l’attendait. Sans attendre, la petite gamine lui sauta dans les bras et avec toute la naïveté dont est capable un enfant, elle se hâta de lui demander si elle pouvait finalement avoir sa surprise. Un sourire aux lèvres, Mersidian sortit de sa poche un petit sac de velours noir et l’entrouvrit. La gamine plongea avidement la main à l’intérieur et sentit son cœur se serrer lorsqu’elle n’en ressortit qu’une petite boule froide au touchée. Camouflant avec peine sa déception, elle leva un regard triste vers son père.
Qu’est-ce que c’est….
Il éclata d’un rire franc et déposa un baiser sur son front.
Aujourd’hui, tu es en âge de grandir ma fille. Bientôt, tu deviendras une femme et aura les responsabilités qui s’attache à chaque membre de notre famille.
Mersidian s'empara des petites mains de sa fille et les referma sur la sphère. Tout en parlant, il plongea son regard sur la sombre bille.
Cette sphère est aussi importante que ta propre vie. Tu devras l’aimer tout autant que tu t’aimes. Chaque fois que tu auras une pensée joyeuse transmet la lui. Si tu as peur ou mal, tiens la dans tes mains. Si elle à froid ,alors réchauffes la et si tu pleures. verses y tes larmes.
Lorsqu’il prononça le dernier mot, deux petits points blancs lumineux apparurent à l’intérieur de la sphère. Avec un peu plus d’intérêt cette fois, elle tourna un regard interrogateur vers son père. Conservant toujours son sourire, il poursuivit.
Je veillerai toujours sur toi ma fille. Ces points, ce sont mes yeux qui t’accompagneront dans tes rêves et qui éclaireront le chemin de tes songes quand l’obscurité englobera le monde.
Toujours prise de questionnement, mais en même temps envahie d’une sorte de contentement, elle serra à nouveau son père avec toute la force dont elle était capable. Dans l’embrasure de la porte, une femme d’une beauté incomparable examinait la scène, fixant sur la petite un regard de braise. Elle les rejoignit et étreignit Élianna à son tour. Elle effleura alors la sphère du doigt et avec le couinement de surprise qu’émit la petite, deux nouveaux points vinrent éclairer l’intérieur de la boule alors que ceux créer précédemment par Mersidian devinrent plus pâle. Seyna lui sourit à son tour et prit la parole.
Tout comme ton père, je veillerai également sur toi afin de te guider tout au long de ta vie et t’aider à prendre les bonnes décisions. Je serai la pour te réchauffer lorsque tu as froid et t’éclairer quand tu seras perdu.
Émue mais ne sachant encore trop comment réagir, la petite quitta ses parents et se dirigea vers sa chambre. De longues heures durant, elle observa la sphère sans qu’aucune réaction nouvelle ne se produise. Elle la fit rouler doucement d’une main à l’autre, observant les points monter et descendre, éclaircir et pâlir selon l’angle qu’elle lui donnait. Un cri de douleur la tira de ses rêveries. Il s’agissait de sa petite sœur, Aesmielli, qui depuis peu était forcée à rester coucher pour ne pas aggraver sa santé. Chaque jour, elle souffrait de ne pouvoir en sortir et bientôt, n’en sortirait plus jamais.
Élianna se rendit au coté de sa cadette et lui montra son présent. Dès qu’elle lui tendit la sphère et qu’elle toucha ses doigts, une fine pluie d’étincelle se déposa à l’intérieur, près des points créés par son père. Jalouse, la gamine arracha la sphère des mains de sa sœur et la lança au sol. Lorsqu’elle réalisa la portée de son geste, il était trop tard. L’intérieur de la sphère avait éclaté en plusieurs morceaux de verre espacé. À la vue de son cadeau ruiné, la petite se mit à pleurer. Chacune de ses larmes versées sur la sphère s’écoula entre les morceaux de verre fendu. Avec peine et pour la consoler, Aemielli se redressa dans le lit et la prit dans ses bras.
L’amour qu’elle dégagea pour sa sœur à cet instant précis était si fort que chaque morceau de verre brisé dans la sphère qui avait été en constact avec l’une des larmes d’Élianna se recouvrit aussitôt de vert. Certains endroits étaient complètement plat, d’autre gondolant formant des sortes de collines et montagnes. À la vue de ce spectacle, les deux sœurs éclatèrent d’un rire pure et aussitôt, sur les morceaux brisés, de petites choses commencèrent à se déplacer, à remuer. Certaines à quatre pattes, d’autres semblable à des hommes, d’autres sillonnant les airs.
Après cet incident, Élianna comprit pourquoi son père voulait qu’elle tienne à cette sphère comme à sa propre vie. Elle la protégea donc avec la plus grande détermination, sachant maintenant combien fragile elle était réellement. Lorsqu’elle fut appelée au chevet de sa sœur qui faisait maintenant plus de fièvre encore et respirait avec peine, elle déposa la sphère dans sa main et la serra contre la sienne. Au moment où le dernier souffle fut rendu, un dernier petit point scintillant vint s’ajouter dans la pluie d’étincelle qu’elle avait créé. Un point fixe, plus brillant et plus grand que les autres. Il représentait le courage et serait un guide pour les âmes perdus, l’âme de sa sœur.
La communauté de ce jeu
sur jeux-web.com
aucun vote
Création : 18/07/2008
Modification : 18/07/2008
Site officiel : http://www.abbylan.cliranet.com